Chine : En terres des Ouïgours, la minorité musulmane du Xingiang

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L’arrivée en Chine

En quittant le Kirghizistan, on s’attend à découvrir la Chine qu’on connaît tous : une densité de population inégalable, les rizières, les insectes grillés…

Pourtant, dès notre arrivée à Kachgar, la deuxième plus grande ville de la région, on comprend que la province du Xingiang est faite essentiellement de montagnes et de déserts.

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La population qui y vit, les Ouïgours, est de confession musulmane. Loin de la Chine traditionnelle, on découvre une région du monde ignorée des touristes.

Alors qu’on se perd dans la ville, en quête d’une banque pour retirer de l’argent, un attroupement se forme autour de nous. Notre présence intrigue. Des touriste ? Ici ? Impossible !

La région est réputée dangereuse. Des indépendantistes commettent régulièrement des attentats. C’est d’ailleurs la région la plus contrôlée par le gouvernement chinois avec le Tibet. A chacun de nos déplacements, nous sommes arrêtés par des dizaines de check-points de la police.

Pourtant, on arrive rapidement à trouver nos repères. Chez les Ouïgours, on se sent toujours en Asie centrale. On retrouve notamment des similitudes dans l’alimentation composée essentiellement de brochettes, de mouton et de riz.

Mais les Ouïgours ont une spécialité qui nous a emballé les papilles : le pain.

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Ce ne sont évidemment pas des baguettes comme on en trouve en France, mais un pain plat, en forme de galette, cuit sur les parois d’un four en argile rond. Ce pain est parsemé d’échalotes et de diverses épices. Tout frais sorti du four, c’est un régal !

 

Expérience du nomadisme dans les montagnes autour du lac Kurukulake

À l’auberge de jeunesse, nous rencontrons Lee, un étudiant chinois (de l’ethnie Han, majoritaire en Chine). Il nous explique qu’il est dans la région pour terminer son mémoire sur les traditions Ouïgours. Accompagnés de Lee et Syril, un suisse rencontré au Kirghizistan, nous décidons de passer quelques jours dans les montagnes. Nous avons entendu parler du lac Kurululake situé entre deux montagnes de plus de 7500 mètres. Près de ce lac, il y a un petit village dans lequel les habitants vivent reculés de tout.

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À la sortie de la ville, nous effectuons un premier arrêt. La zone où nous nous rendons est proche de la frontière du Tajikistan et du Pakistan. Notre compagnon de voyage chinois doit obtenir une autorisation spéciale de la police pour pouvoir passer les contrôles. Le régime fait tout son possible pour unifier (de force) cet immense territoire, notamment en instaurant une seule heure (celle de Pékin) dans un pays qui est traversé par 5 fuseaux horaires. Pourtant, pour accéder à certaines zones « sensibles », les contrôles sont plus importants que pour changer de pays. Tout au long de notre voyage en Chine, nous serons confrontés à ces paradoxes.

Mais toutes ces complications administratives n’entament pas notre enthousiasme. À notre arrivée dans les montagnes, nous sommes récompensés par des paysages incroyables ! Nous glissons comme des enfants sur d’immenses lacs gelés sur plusieurs mètres d’épaisseur.

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Nous croisons avec étonnement des chameaux puis nos premiers yaks qui broutent l’herbe brûlée par le froid.

Nous sommes en hiver. Les nomades quittent les pâturages des montagnes pour s’installer dans de petits villages sommaires dans le plateau. Ni eau courante, ni toilettes. Un petit générateur alimente tout juste une ampoule.

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La maison est constituée de deux pièces sombres (pas question de faire des fenêtres quand on veut rester au chaud) :
– une petite pièce sert de salle à manger/cuisine et de nurserie pour les moutons
– la seconde pièce, plus grande, sert de chambre pour les trois générations de la famille qui vivent sous le même toit.

La famille ne parle pas anglais. Le chauffeur qui nous a conduits s’improvise tant bien que mal traducteur, ce qui nous permet de discuter un peu. La route depuis Kachgar a été longue. On nous prépare donc un bon repas pour reprendre des forces.

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Bien que leurs troupeaux soient composés d’un nombre assez conséquent de bêtes, ils mangent très peu de viande. Les animaux servent surtout à fournir du lait et à être vendus sur les marchés pour pouvoir acheter du riz.

Nous avons le droit au plat traditionnel de la région (le plov) que nous avons déjà eu l’occasion de goûter au Kazakhstan et au Kirghizistan. Il se compose de riz, de potiron, de carottes et de moutons.

Pour terminer la soirée, nous proposons de montrer à la famille les vidéos que nous avons tournés en Turquie, en Iran et en Asie centrale. Les divertissements étant rares, grands comme petits restent hypnotisés devant l’ordinateur. Tout d’un coup, la grand-mère montre Clem du doigt en s’exclamant « Mais c’est lui dans l’écran ! »

Le lendemain matin, aux aurores, il nous faut beaucoup de courage pour nous extraire des 5 couches de couverture.

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Nous attrapons une bouteille d’eau pour boire mais tout est congelé ! Malgré les murs et le poêle, qui s’est éteint pendant notre sommeil, la température à l’intérieur de la maison est descendue à -2°C.

En sortant de la maison pour aller aux toilettes dans la nature, nous tombons nez à nez sur trois gros yaks venu chercher un peu de chaleur. Heureusement, malgré leurs énormes cornes, les yacks sont des grosses boules de poils peureuses.

Sur la route du retour, Clo demande au chauffeur de s’arrêter pour prendre une dernière photo des montagnes.

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Au moment de repartir, le chauffeur, distrait et pressé de rentrer chez lui, s’encastre contre une butte de ciment. Nous nous retrouvons en équilibre, deux roues en l’air. Alors que nous examinons les dégâts, le chauffeur tente une manœuvre pour dégager la voiture. Résultat des courses, il arrache complètement le pare-choc et manque de blesser sérieusement le Suisse.

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Après avoir « réparé » la voiture avec du scotch, Nous terminons le trajet en roulant à toute petite vitesse… Heureusement, notre premier (et espérons dernier) accident du tour du monde se termine avec plus de peur que de mal 🙂 Nous quittons Kachgar en stop, direction le désert puis le Qinghai, l’une des trois provinces de l’Ancien Tibet.

 

La suite au prochain épisode 🙂

Clo & Clem

 

3 commentaires

  1. Kashgar, des années que ça me démange, depuis que j’en ai entendu parler alors que j’étais au nord Pakistan en 2000. Et j’y songe à nouveau pour rentrer au Tadjikistan par cette voie à l’automne prochain. Mais j’ai l’impression que je vais courir plus qu’autre chose, alors que la région nécessite peut-être un voyage en soit.
    La photo de Clo sur le lac gelé rappel en tout cas les photos que l’on peut voir de temps à autre du Baïkal gelé avec la glace à la fois transparente et striée. Splendide 🙂

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