Trek de Kapisillit à Nuuk, épisode 3 : ou comment une tempête nous isole de tout

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Jours 4 et 5 : retour à Nuuk ?

Et voilà, nous devons mettre fin à notre première expérience de trek en autonomie. À notre réveil, la cheville de Clo a doublé de volume et elle peine à marcher. Même si le beau temps est de retour, repartir ne serait pas sérieux.

 

Rendez-vous manqué

Nous avons rendez-vous à midi avec la colo sur le ponton. Un gros bateau est sensé venir nous chercher. Mais rien à l’horizon. Il y a 3 heures et demi de navigation pour arriver sur notre campement depuis Nuuk, il a certainement du retard…

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On tente un appel radio. Les huttes ont beau être équipées d’eau courante et d’électricité, le seul moyen de communiquer avec l’extérieur est une petite radio située dans le bâtiment principal.

Pour capter un signal de téléphonie mobile, il faut grimper la montagne. Plusieurs heures de marche pour passer un coup de fil, non merci…

Les minutes défilent au son du grésillement de la radio, on arrive enfin à joindre quelqu’un, mais la connexion est très mauvaise. On comprend d’abord que la bateau va arriver avec beaucoup de retard, puis finalement non, en fait le bateau n’a pas quitté le port.

Une tempête d’une rare intensité s’est abattue sur Nuuk, aucun bateau ne peut sortir en mer. On apprendra d’ailleurs par la suite que l’Arctic Umiaq Line, l’immense ferry qui fait la liaison des villes côtières, a dû s’abriter dans une baie pendant 12 heures. Pour bloquer un bateau qui peut naviguer dans des vagues de plusieurs mètres de hauteur, il faut effectivement que la tempête soit impressionnante.

Nous voilà bloqués, au milieu de nulle part, avec 20 enfants qui commencent à pleurer.

 

Pas de panique, on va mourir de faim !

Les deux enseignants rassurent les élèves comme ils peuvent : « Ce sont des choses qui arrivent, ça fait partie de l’aventure. Un bateau viendra demain, c’est promis. »

En réalité, ils n’en savent rien, ils espèrent.

Une des élèves s’avance vers nous et nous explique qu’une fois, avec ses parents, ils ont été bloqué 8 jours à l’aéroport. Tous les vols avaient été annulés par une énorme tempête.

Nous ne sommes pas rassurés, d’autant plus que le professeur nous explique que le stock de nourriture de la colo ne suffira pas pour tenir un jour de plus. Si un bateau ne vient pas, la situation risque d’être très vite problématique.

Claudia étant fatiguée, on décide de retrouver notre petite cabane pour une troisième nuit.

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Cette fois-ci c’est la bonne !

Le lendemain matin, la cheville de Clo va mieux. Hans, le gardien des lieux vient nous réveiller : la radio vient d’annoncer que le bateau arrivera à midi.

Nous rassemblons toutes nos affaires, et nous nous rendons une nouvelle fois sur le ponton.

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14h, le bateau pointe enfin le bout de son nez. Les enfants hurlent et dansent de joie. Ils courent vers nous pour nous annoncer la bonne nouvelle.

Nous chargeons les sacs et pouvons enfin monter à bord, direction Nuuk et d’autres aventures.

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On retiendra la leçon : ici au Groenland, c’est la nature qui décide, les hommes font avec cette météo changeante et brutale. Dorénavant, nous ferons attention 🙂

 

A très vite pour un nouveau récit de voyage,

Clo & Clem

 

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