Ankara : sauvée par un rouleau de papier toilette vide

26 décembre 2013. Après Istanbul, Ephesus et Pamukkale, notre trajet en Turquie s’achève à Ankara, la capitale.

Notre première vision d’Ankara est la station de bus. Comme à Istanbul, elle est juste énorme ! Il est 6 heures et demi du matin, mais la gare routière est déjà très animée. Les boutiques et les restaurants sont ouverts et fourmillent de personnes. Encore à demi endormis, on décide de prendre le métro pour rejoindre l’hôtel que nous avons réservé. Malheureusement, Ankara n’a que deux lignes de métro. Notre hôtel, un peu excentré, se trouve à plus d’une demi heure de marche de la station la plus proche. À cette heure matinale, chargés comme des mulets, il nous est difficile de fournir un tel effort ! Nous prenons donc un taxi pour compléter le trajet. Le vieux chauffeur ne parle pas un mot d’anglais. Il ne sait pas où se situe l’hôtel. Et qui plus est, il a des problèmes de visions… Il demande sa route à plusieurs collègues, se perd encore et encore. Alors qu’on commence à perdre espoir, il demande une nouvelle fois sa route. Sa figure s’illumine alors, traversée par un éclair de génie. L’hôtel était à 200 mètres.

Atakule à Ankara était un centre commercial mais il a été fermé.

Ankara… Ça commence bien cette histoire…

Une fois à l’hôtel, on découvre que le personnel parle très peu anglais. Et pour cause, nous sommes les seuls touristes occidentaux. Concurrencée par Istanbul et la Cappadoce, Ankara peine à séduire les agences de voyages. Nous comprenons très vite pourquoi. Le centre-ville est une succession de gros bâtiments administratifs gris et, à cette époque, il y fait beaucoup plus froid qu’à Istanbul.

Heureusement, nous ne sommes pas là pour visiter, mais pour prendre le train pour l’Iran.

Lorsque nous nous rendons à la gare pour acheter nos billets, on nous informe que le train « Ankara-Téhéran » ne passe qu’UNE FOIS PAR SEMAINE : le mercredi matin. Aujourd’hui, c’est jeudi… Noooooooon !!!

Financièrement, nous ne pouvons pas rester 6 jours à Ankara. L’hôtel, l’un des moins chers de la ville, nous coûte autour de 30 euros par nuit. Il explose notre budget journalier. Il nous faut trouver une solution au plus vite : l’occasion parfaite de tester le couchsurfing. Cela nous permettra non seulement d’économiser un peu, mais SURTOUT de voir la ville sous un nouvel angle. Nous passons donc une annonce sur le site couchsurfing.org. Très vite, je reçois la réponse d’une fille, Muammer. Elle habite tout près de Kizilay, dans le centre d’Ankara, avec sa copine Sebo et leurs 6 chats.

Grâce à elles, nous découvrons une nouvelle facette de la ville, bien plus agréable. Elles nous emmènent avec plaisir là où elles ont leurs petites habitudes.

IMG_6947

IMG_6938

Visite de la capitale turque

Muammer, passionnée d’Histoire, souhaite également nous faire découvrir la culture de son pays. Nous visitons ensemble la reconstitution d’une maison traditionnelle d’Anatolie. Nous tombons sur une guide EXTRAORDINAIRE ! Elle nous fait découvrir avec humour le Karagöz (théâtre d’ombres turc datant du XVIe siècle), elle nous initie à divers jeux et même à la peinture traditionnelle. Nous y passons un excellent après-midi.

découverte du Karagöz dans un musée d'Ankara

IMG_4402

IMG_4383

A l’heure de diner, nous sommes une nouvelle fois frappés par le contraste entre les restaurants touristiques et non touristiques. A Ankara, pour deux soupes, une salade, deux ayrans (c’est LA boisson turc par excellence : du yaourt à boire salé), de l’eau, deux plats et du thé (très souvent offert) nous payons un total de 20 lyras (7 euros pour deux ! Imbattable et délicieux !). En comparaison, dans un lieu touristique (comme Pamukkale), nous avions payés trois à quatre fois plus cher.

La nuit tombée, nous nous rendons dans le plus beau parc de la ville pour y découvrir les illuminations de fin d’année.

IMG_4317

Le dernier jour, nous nous rendons dans un lieu très important pour les Turcs : Anitkabir, le mausolée d’ATATÜRK.

Atatürk, de son vrai nom Mustafa Kemal, est LE personnage le plus aimé de Turquie. Il s’est battu pour l’indépendance et la réunification après la chute de l’Empire Ottoman et la défaite lors de la Première Guerre Mondiale. Le mausolée d’Atatürk se veut être un véritable hymne à sa vie. Atatürk est idolâtré, quasiment déifié. Partout dans la ville d’immenses portraits de lui ornent les murs des bâtiments et son visage est présent sur les pièces de monnaie et les billets.

C’est pourtant dans ce lieu « saint » que nous allons vivre l’expérience la plus désastreuse de notre voyage jusqu’à maintenant.

Ankara : Anitkabir, le mausolée d'Ataturk

À Ankara Anitkabir il y a la relève de la garde

IMG_4489

Clo, sauvée par un rouleau de papier toilette vide

Après la visite du musée, Clo se rend aux toilettes pour femmes. Elle rentre dans une cabine, mais il n’y a plus de papier. Elle hésite un instant et, au moment où elle se décide à tenter sa chance ailleurs, elle aperçoit au dessus d’elle la tête d’un homme. Pensant qu’elle s’était installée, l’homme avait escaladé les toilettes voisines pour espérer la voir se déshabiller. Choquée, elle en parle à Sebo et Muammer qui alertent immédiatement le sécurité. Après une demi-heure de résistance, l’homme finit par se rendre à la dizaine d’hommes qui l’attendent devant sa porte.

Le choc !! c’est un des soldats en charge de la garde du mausolée. En repartant, escorté par la sécurité, honteux, il croise le regard de Clo. Qui sait combien de femmes il a pu espionner de la sorte…

Merci rouleau de papier toilette vide !

Cette mauvaise expérience dans ce lieu symbolique contraste avec le restant de notre voyage. En dehors de cet incident, nos deux semaines en Turquie nous ont permis de découvrir un pays magnifique et de rencontrer des gens très accueillants.

Nous finissons d’ailleurs notre séjour à Ankara dans la joie des festivités de la nouvelle année chez des amis de Muammer et Sebo.

IMG_4535

Il est maintenant temps pour nous de partir pour une nouvelle aventure : direction l’Iran !

 

A bientôt 🙂

Clo & Clem

2 commentaires

  1. Récemment j’ai lu un article sur les cafés en Iran qui tendent a tous disparaitre les uns apres les autres, et bon, je ne sais pas trop comment, mais cela a furieusement réanimé mon envie de me rendre dans ce pays. Je me suis dit qu’un petit trip traversée de la Turquie (dont je ne connais qu’Istanbul) + traversée de l’Iran, ca serait top.
    Et oh joie, je tombe sur votre blog ! Bon, je le connaissais déja mais le timing la est juste parfait pour continuer a me faire rever !
    Vos impressions sur Ankara confirment les échos que j’avais eu sur cette ville. Cependant, super idée de faire du couchsurfing, c’est vrai que ca permet toujours de découvrir une ville sous un angle différent !
    En tout cas maintenant j’attends le récit de vos aventures en Iran avec grande impatience !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*