Lombok : jusqu’au sommet du Rinjani (ou pas) au départ de Sembalun Lawang

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On a décidé de s’attaquer au Rinjani. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas fait de trek. Le dernier en date c’était en Nouvelle-Zélande, soit 6 mois auparavant. Et à vrai dire, depuis que nous sommes sur le voilier nous ne marchons quasiment plus….

Le Rinjani, c’est le deuxième plus haut sommet d’Indonésie. Situé sur l’île de Lombok, il culmine à 3726 mètres. Un véritable défi pour nous.

Le trek du Rinjani, avec la montée jusqu’au sommet, se fait généralement en trois jours, deux nuits. Étant donnée la difficulté du terrain nous décidons de prendre un tour auprès d’une agence locale. Suite aux différents avis sur internet, nous finissons par choisir Rudy Trekker. L’agence est un peu plus chère que les autres, mais les employés sont mieux payés, bien traités, et ce qui a fini de nous convaincre c’est leur programme de recyclage des déchets.

Et c’est parti pour la montée : Jour 1, de Sembalun au camp de base du Rinjani

L’agence est venue nous chercher à la sortie du ferry. Après une courte nuit à l’hôtel, nous partons en direction de Sembalun Lawang. Le Rinjani fait partie du parc national de Gunung. C’est à Sembalun que nous devons récupérer les permis de trek et inscrire nos noms sur le registre du Centre d’Information du Rinjani (Rinjani Information Center, RIC). C’est aussi là que débute le trek, à 1051 mètres d’altitude.

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Nous sommes nombreux sur le départ. Ceux qui ont choisi des tours économiques se retrouvent dans des groupes de 20 personnes… Nous ne sommes que trois (avec Stephanie, notre amie américaine) et nous avons un guide et trois porteurs.

Il est 9h00, l’ascension peut commencer. Notre objectif de la journée : le camp de base du Rinjani, situé à 2639 mètres.

Les premières heures sont plutôt faciles. Nous marchons à pas soutenu dans la plaine au bord du volcan. La charge des porteurs est impressionnante. Ils portent l’équipement pour le camping, ainsi que la nourriture pour 3 jours. Certains marchent pieds nus ou en sandales. Malgré le poids sur leurs épaules, ils nous doublent sans difficulté.

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Nous faisons régulièrement de courtes pauses jusqu’au déjeuner qui dure un peu plus d’une heure. Nous y retrouvons nos porteurs qui sont déjà en train de préparer à manger. Au menu, fruits frais, légumes, riz et poulet. On s’attendait à manger un repas sommaire, on se retrouve finalement face à un banquet !

Avec ce plein d’énergie, nous reprenons la marche. La seconde partie, la plus difficile, semble interminable. Nous montons durant 3 heures les 1000 mètres qu’il manque pour atteindre le camp pour la nuit. 

Nous en avons fait des treks dans le passé, mais rien de comparable ! Avant le corps, c’est le mental qui lâche. Clo veut abandonner, elle pleure.

Les nuages montent petit à petit et, très vite, nous sommes pris au piège dedans. Plus aucune visibilité à un mètre. Nous croisons des gens qui redescendent. Ils nous encouragent « Allez, ce n’est plus très loin ! ».

Dernier effort, nous sortons enfin des nuages. Le terrain glisse sur les derniers mètres, mais nous sommes soulagés d’arriver.

Les porteurs ont installé les tentes sur le camp de base du Rinjani. Autour de nous, la mer de nuage est majestueuse. Le sommet nous fait face et semble accessible. Mais l’heure est au repos. Le réveil pour la montée finale est programmé à 2h00 du matin.

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Jour 2 : On a failli perdre Clo sur le Rinjani !

2h00 du matin. Le réveil sonne.

L’ascension du Rinjani se fait de nuit pour pouvoir apprécier le lever du soleil une fois au sommet. Epuisée, Clo hésite à venir, mais on ne lui donne pas le choix. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de monter un volcan !

Dehors, il fait encore nuit. On monte en utilisant les lampes frontales. La première partie de la montée est plutôt simple. Mais très vite, notre cadence est ralentie par le terrain. La pente est encore plus raide que celle de la veille. La roche a laissé place à un sable volcanique dans lequel on s’enfonce jusqu’aux mollets. Trois pas en avant, deux en arrière. Nous luttons ainsi une heure. Clo veut abandonner, retourner au campement. Le guide essaye de la motiver « Nous ne sommes plus très loin, encore un effort ! ». Il lui tend le bâton de marche pour la tracter. Clem la pousse dans le dos. Nous franchissons ainsi la première étape jusqu’au sommet. Il y en a deux autre qui nous attendent : une partie un peu plus plate, et la montée finale courte mais encore plus abrupte. Déjà le soleil commence à se lever.

Clo est à bout de souffle. Elle a atteint sa limite mentale et physique. Nous n’avions pas marché depuis plus de 6 mois. Décider de monter jusqu’au sommet du Rinjani sans aucun entraînement, c’était viser trop haut. Nous avons encore 2 jours complets de marche devant nous. Nous décidons de redescendre.

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Après un petit déjeuner copieux sur le campement, nous reprenons la route pour le lac. 5 heures de descente nous attendent pour atteindre 2000 mètres d’altitude.

Depuis le campement, on se demande comment on va pouvoir descendre. Les pentes du volcan sont à pic et il n’y a pas de chemin visible. Et pour cause, il n’y en a pas vraiment… On descend directement sur la roche. A certains endroits, une barrière a été installée pour éviter de tomber. Mais notre guide nous déconseille de prendre appui sur cette rambarde. Elle est complètement défoncée par les chutes de pierres. On apprendra d’ailleurs plus tard que deux personnes (dont le fils du chef de la police locale) sont mortes récemment en chutant après avoir trop fait confiance à cette rambarde. Un autre homme, grièvement blessé, a pu être sauvé par des porteurs qui sont allés le chercher en bas du ravin. Ils l’ont transporté durant plusieurs heures à la force des bras car il n’y avait pas d’hélicoptère pour venir l’évacuer.

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Soulagés, nous atteignons enfin le lac au centre de la caldeira. Le petit cône volcanique, le Gunung Baru, situé sur le lac, est encore en activité. De la fumée s’en échappe.

Sur la rive, des villageois organisent une cérémonie en l’honneur de la princesse Anjani. D’autres pêchent.

Juste à côté du lac, il y a des sources géothermiques dans lesquelles ont peut se baigner. L’eau est extrêmement chaude mais, après une journée et demie de marche intensive sans douche, ça fait vraiment du bien !

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Juste après le repas, nous enchaînons avec la montée vers le deuxième camp, de l’autre côté de la caldeira.

Cette deuxième partie du trek se passe dans la forêt. Il n’y a toujours pas vraiment de chemin pour monter mais des marches naturelles formées par la roche. Comparée à notre calvaire du matin, cette montée nous semble d’une facilité déconcertante. Clo a repris du poil de la bête, nous ne faisons plus de pause. Personne ne nous double, ce qui veut dire que notre cadence est plutôt soutenue.

Plus nous marchons et plus c’est simple. Nous atteignons le camp avant l’heure prévue. Rien n’est encore prêt, mais ce n’est pas grave. Ca nous laisse le temps de nous promener dans le camp et de faire quelques photos.

La température de ce côté là de la caldeira, à 2700 mètres, est beaucoup plus basse. Prévoyant, le guide a ramassé du bois pendant la marche pour nous préparer un feu de camp.

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Jour 3 : La descente jusqu’à Senaru et notre bilan

Le village de Senaru est situé à 600 mètres d’altitude. La descente se fait à travers une magnifique forêt tropicale. Le chemin est facile. Certains descendent en courant pour ne pas avoir mal aux genoux.

Nous croisons des trekkeurs qui commencent l’ascension dans l’autre sens. Ce n’est que le début pour eux, mais certains se plaignent déjà de la difficulté. Nous les encourageons. « Oui c’est difficile, mais c’est magnifique ! »

Après la forêt, nous traversons des plantations de café et de cacao, le village n’est plus très loin. La descente a duré au total 6 heures. Nous sommes heureux d’arriver. Nos jambes ont souffert, notre mental a failli craquer.

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Notre avis sur le trek du Rinjani :

– Il y a 3200 mètres de dénivelé positif et 3700 mètres de dénivelé négatif. Quand la forme physique n’y est pas, c’est vraiment difficile ! On en a bavé l’un comme l’autre.

– Nous avons trouvé le trek magnifique, le lac, les paysages et la mer de nuages resteront l’une de nos plus belles expériences. Mais nous avons été déçus par la quantité de déchets laissés derrière, notamment toutes les bouteilles en plastique. Certains faisaient leur besoins directement sur le chemin, d’autres jetaient leurs emballages de chocolat directement par terre… C’est vraiment dommage.

– Concernant Rudy Trekkeur : notre guide et nos porteurs ont été incroyables du début à la fin. Souriants, polis. La cuisine était excellente. Nos déchets ont été ramassés et, par la suite, recyclés. On admire leur courage, ils montent le Rinjani deux fois par semaine ! Il est possible de faire le trek sans guide ni porteur. Mais, très honnêtement, dans notre cas, on n’aurait pas fait un mètre sans eux.

Nous repartons très bientôt faire des treks en Ecosse. Cette fois-ci nous sommes entrainés 🙂

À très bientôt pour un nouvel article !

Clo & Clem

5 commentaires

  1. C’est vraiment magnifique ! J’ai un coup de cœur pour la dernière photo… J’ai suivi votre récit avec beaucoup de passion et vous transmettez beaucoup de positif. Bravo pour le courage que vous avez eu pour tenter cette ascension !

  2. Hihi, je ris car cela m’a rappelée tellement de souvenirs! Comme toi Clo, j’en ai bien bavé lors de ce trek, j’ai voulu redescendre, abandonner des milliers de fois, et encore, je ne suis pas montée si haut que toi, bravo! (ici, notre récit: https://nowmadz.com/voyage-monde/indonesie/on-dormi-sur-un-volcan-rinjani.html)

    J’ai trouvé ce trek difficile, et en même temps nous l’avons fait avec d’autres voyageurs qui grimpaient à toute vitesse, alors je ne sais pas quoi en penser! En tous cas, pour nous, ça été chaud, chaud et on n’est pas non plus allés au bout… Mais ça valait le coup!
    Vos photos sont superbes en tous cas, et j’ai revécu avec plaisir notre propre trek à travers votre récit, merci 🙂
    Lydia

  3. Wow ! Ca donne envie ! Dans moins d’un mois maintenant je serai sur Lombok et j’aimerais tellement faire ce trek… Mais j’ai un peu peur car je ne suis pas une grande sportive (courir 5min c’est déjà un exploit pour moi…).

    Vous êtes sportifs à la base ?
    Et comment avez-vous fait pour réserver le trek ? Par internet ? En direct à l’agence, si oui, où se situe-t-elle ? Combien de temps à l’avance aviez-vous réservé ? Quel prix vous a fait payer Rudy Trekker ? Prix négocié ou non ?

    Merci d’avance de vos réponses. Et vos photos sont superbes !

    1. Salut Val 🙂
      Alors non, nous ne sommes pas de grands sportifs. Nous avons fait de nombreux treks, mais nous n’avions pas marché depuis 6 mois au moment de l’ascension du Rinjani.
      En général nous sommes vraiment lents: quand les gens marchent 4 heures, nous on marche 8 heures pour la même distance ^^
      Mais nous avons beaucoup de volonté et même si nous marchons lentement nous essayons toujours d’aller au delà de nos limites.

      Nous avons trouvé l’agence sur internet en consultant les avis sur le trek du Rinjani. Nous avons réussi à négocier le prix pour 3 personnes. Ça nous a coûté quelque chose comme 250$ au lieu de 300$. Dans le prix il y a la nuit à l’hôtel avant le trek + 2 nuits en tente pendant le trek, le chauffeur qui vient nous chercher à la sortie du ferry (3 heures de route) + le chauffeur qui nous déposé où on veut au retour, tous les repas, le guide,les porteurs 🙂

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