Asie centrale : obtenir le visa chinois et passer la frontière

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Peut-on faire le visa chinois à Almaty au Kazakhstan ?

Après notre court séjour au Turkmenistan, nous traversons le Kazakhstan pour nous rendre en Chine. Nous espérons faire notre visa chinois à Almaty, l’ancienne capitale. Nous ne savions pas encore à quel point il était difficile d’obtenir le visa chinois en Asie centrale.

Des notre arrivée à Almaty, il nous faut digérer une bien mauvaise nouvelle, le consulat est fermé durant une semaine à cause du nouvel an chinois. Histoire de ne pas perdre trop de temps, nous nous renseignons auprès du personnel de notre hôtel pour connaître la démarche à suivre et les documents à prévoir. Par chance, nous tombons sur des gens sympas qui se décarcassent pour trouver les informations.

Après des heures de recherches sur des sites internet uniquement en russe, des dizaines de coup de fils à des agences de voyages, nous ne sommes pas plus avancés. Toutes les informations que nous collectons se contredisent. Il semblerait qu’il faille se rendre une première fois au consulat pour prendre rendez-vous pour pouvoir par la suite faire une demande de visa (uniquement d’une durée de 15 jours).

Par ailleurs, il nous faut fournir une série incroyable de documents (billets d’avions, réservations d’hôtels, programme complet et détaillé de notre séjour en Chine…). Nous ne pouvons évidemment pas fournir la moitié des documents, surtout les billets d’avions. Il nous faudrait donc produire des faux documents.

Alors que nous commençons à nous organiser, le gérant de l’hôtel arrive et assène un coup fatal à nos maigres espoirs. Il nous explique avoir essayé de se rendre au consulat chinois la semaine précédente mais il a du abandonner quand il a vu la foule immense qui se battait littéralement pour pouvoir rentrer.

Il nous conseille donc d’aller à Astana, la nouvelle capitale. Cette perspective nous démoralise complètement. Il nous faut faire plus de 20 heures de train dans le mauvais sens et nous diriger vers des températures encore plus glaciales pour faire des démarches quasiment aussi longues et hasardeuses qu’à Almaty.

Nous restons quelques instants assommés, le regard dans le vide. Et tout d’un coup, le gérant de l’hôtel à un éclair de génie : « Et pourquoi vous n’iriez pas au Kirghizistan ? »

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Comment obtenir le visa chinois à Bishkek au Kirghizistan ?

Le Kirghizistan est un tout petit pays au sud-est du Kazakhstan. Par chance, il s’agit du seul pays d’Asie centrale où il n’est pas nécessaire d’avoir un visa pour y entrer. La capitale, Bishkek, n’est qu’à 3-4 heures de taxi d’Almaty. Le passage de frontière se fait en quelques minutes seulement, juste quelques tampons et c’est plié.

Bishkek est notre dernière chance d’obtenir le visa chinois. Nous sommes donc assez stressés. Première nouvelle inquiétante, il est impossible de trouver l’adresse du consulat. Par chance, nous rencontrons par hasard un responsable de l’ambassade de France au restaurant. Il nous explique que pour obtenir le visa chinois, il faut absolument passer par l’intermédiaire d’une agence de voyages. Il nous parle notamment d’une mystérieuse Mme Liu qui aurait ses entrées auprès des autorités chinoises.

Après quelques recherches, nous trouvons le contact de deux agences capables de faire le visa chinois:

– Mme Liu s’est installée dans les locaux de l’agence Avia Travel club située à cette adresse : 142 Chuy Street, Bishkek, Kyrgyzstan.

– Kyrgyz Concept, une agence très répandue dans la ville, peut également se charger des démarches. Pour faire le visa il faut se rendre à l’agence principale située à cette adresse : 42/1, Isanova Str., Bishkek 720017, Kyrgyzstan

Les prix étant similaires, nous optons pour Kyrgyz Concept. Le nombre impressionnant d’agences en ville semble prouver le sérieux de l’entreprise.

L’obtention du visa chinois se fait en 5 jours en express moyennant 170 dollars par personne. Le point positif c’est qu’aucun document n’est demandé : pour avoir le visa chinois on fournit uniquement son passeport et deux photos d’identités d’un format spécial. Pour obtenir les photos, il suffit de se rendre dans n’importe quel photographe de la ville et lui expliquer qu’il s’agit de photos pour le visa chinois.

Nous demandons le visa chinois le lundi, dès la réouverture du consulat. Le vendredi suivant, comme promis, nos visas sont prêts. La procédure à Bishkek est donc très chère mais incroyablement simple et assez rapide.

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Franchir la frontière entre le Kirghizistan et la Chine

Il existe plusieurs bus reliant Bishkek au Kirghizistan à Kachgar en Chine. Malheureusement, ces bus sont réservés aux Chinois et aux Kirghizs. Les touristes étrangers doivent se débrouiller tous seuls pour trouver un moyen de transport, ou plutôt DES moyens de transports puisque nous devons obligatoirement changer de véhicules à la frontière.

On l’aura compris, les autorités chinoises n’ont absolument pas envie que nous débarquions en Chine du côté de la province autonome du Xinjiang, la région des Ouïgours.

Il existe deux postes frontières entre la Chine et le Kirghizistan : les cols d’Irkeshtam et Torugart.

La solution la moins coûteuse, la plus simple et la moins souvent fermée en hiver est le col d’Irkeshtam. Pour cela, il faut d’abord se rendre au sud dans la deuxième ville du pays, Och.

Le Kirghizistan étant essentiellement constitué de montagnes, les liaisons entre les villes sont compliquées. Il n’existe même pas de bus réguliers. Il nous faut trouver un taxi partagé pour relier Och en une dizaine d’heures.

A Och, il est censé exister un bus reliant directement la Chine. Mais on nous explique que ce bus ne circule pas en hiver. Le plus simple est de relier en taxi partagé le petit village de Sari Tash à quelques kilomètres de la frontière chinois et d’y passer la nuit. C’est l’occasion de découvrir la vie quotidienne d’un petit village isolé dans les montagnes.

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Le lendemain matin, il faut faire du stop (payant) jusqu’à la frontière. En hiver, les voitures peuvent être très rares, il faut donc faire attention de ne pas toutes les laisser passer.

A la frontière kirghiz, on nous tamponne nos passeports puis il faut marcher jusqu’à la frontière chinoise. Entre 12h et 14h, le poste frontière chinois est fermé. Il est 11h55 et nous courons pour tenter de passer avant la fermeture. Le garde chinois est déjà en train de fermer le grand portail mais nous voyant arriver en sueur, il a pitié de nous et réouvre la frontière.

Nous passons le portail, et nous voilà en Chine ! Mais… en fait.. non…

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Une fois le portail passé, il n’y a aucun bâtiment, juste 5km d’une belle route goudronnée. Normalement, le garde frontière arrête un camion pour vous éviter la demi-heure de marche mais aucun camion à l’horizon.

Après une longue marche, nous arrivons enfin au poste frontière, mais aucun signe de vie. Nous sommes enfermés à l’intérieur du No mans Land. Ces grands bâtiments vides n’ont font penser à des films de zombies.

Après une heure à se tourner les pouces et à vérifier qu’il n’y a pas de zombie en approche, des gardes viennent nous chercher.

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Nos sacs sont passés aux rayons X puis entièrement vidés pour inspection. Les gardes sont principalement à la recherche de cartes géographiques et de livres interdits. Lorsqu’un garde s’empare du livre du moine bouddhiste Mathieu Ricard, nous sommes persuadés qu’il va finir illico a la poubelle. Heureusement, le livre n’a pas d’illustration et le garde est incapable de comprendre le français. Tout se passe donc sans problème.

Après la fouille, on nous installe dans un taxi obligatoire pour quitter la zone militaire. Une centaine de kilomètres plus loin, on arrive dans un grand bâtiment neuf. Il s’agit en fait du véritable poste frontière où nos passeports sont enfin tamponnés. La procédure est assez incroyable. Sur 100 mètres, nous devons faire contrôler nos passeports 6 fois et nos sacs repassent aux rayons X. En tant que touristes occidentaux, nous avons pourtant droit à un traitement de faveur. Les Kirgizhs doivent vider à nouveau leurs sacs et le contenu de leurs téléphones sont inspectés en détail.

Une fois sorti du poste frontière, nous sommes enfin en Chine !

L’entrée en Chine depuis l’Asie centrale se mérite, mais avec un peu de patience rien n’est impossible.

 

A bientôt pour d’autres conseils pratiques 🙂

Clo & Clem

 

9 commentaires

  1. C’est nouveau toutes ces complications ? Rentrer en Chine n’a jamais été simple, mais quand j’étais à Och en septembre 2012, les étrangers pouvaient embarquer à bord du bus pour Kashgar.
    C’est tout de même saisissant les frontières avec la Chine. D’un coté, un poste-frontière normal, voir même décontracte, et de l’autre (côté chinois), discipline martiale. On ne se sent pas super bienvenu !!

    1. Apparemment, le bus ne roule pas en hiver à cause de la neige. On l’a cherché toute la matinée à Och sans succès :p

      En ce qui concerne la frontière chinoise, le nombre de contrôles est assez dingues. Mais, on aurait du préciser dans l’article que les gardes ont été sympas avec nous. Ils nous ont accueillis avec le sourire et au final on a pu passer sans problème malgré notre matériel de tournage assez imposant 🙂

  2. Merci de ces précisions ! Je vais peut être le récupérer là-bas… Ou à Tashkent… Inch’allah

    Oh Laurent, si tu savais les complications pour le visa d’étude de ma fille à Shanghai… question d’emmerdement, c’est la réciprocité qui prévaut… Etonnant, car on assouplit la chose en France…

  3. Salut Clem&Clo!

    Sympa votre site.
    Merci de partager vos aventures d’obtention de VISA en détails, ça aide beaucoup ces retours d’expériences. Nous allons procéder de la même manière que vous en ce qui concerne la Chine par Irkeshtam.

    C’est marrant, nous avons un itinéraire assez similaire: nous sommes parti de Suisse en octobre 2014 et tâchons d’éviter l’avion.

    Bonne continuation
    Thomas

  4. Bonjour 🙂

    Ouh que je n’aime pas quand on commence à parler d’agence de voyage qui vous débrouille un visa pour la Chine en 5 jours contre 170 dollars chacun. C’est une formule expresse, c’est bien cela ? Nous débutons nos formalités pour passer du kirghistan en Chine et, effectivement, parfois il est plus simple de voir direct sur place.

    Question : Ce visa obtenu par l’agence vous a semblé tout à fait légal et vous n’avez pas eu de mauvaise surprise une fois en Chine ?

  5. Bonjour !
    Nous nous retrouvons sur votre site une fois de plus lors de recherches d’informations lors de notre traversée de l’Asie !
    Le passage de la frontière kirghize-chinoise n’a pas l’air très simple, mais nous y arriverons ! Nous avons choisi de passer par Irkeshtam comme vous, ce qui semble moins difficile. Vous rappelez-vous combien vous avez payé le « taxi obligatoire » pour quitter la zone militaire pour rejoindre le dernier poste frontière chinois ? ( les fameux 100 km ).

    Avez-vous rejoint Kashgar directement après ? Par quel moyen?

    Merci encore pour les informations, et j’espère que votre retour en France s’est bien passé 😉

    Bonne journée,

    Camille et Thibaut

  6. Merci beaucoup pour cette description. Je prévois une arrivée en Chine par le Kirghizistan pour le mois d’avril-mai et j’étais plutôt inquiet tant les démarches semblait compliquée. Mais ce post est tout de même rassurant !

    Merci pour toutes ces infos !

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