Bilan de 6 mois à travers l’Asie Centrale : 10 questions sur la première étape d’un tour du monde en couple

Asie centrale montagnes

Le 13 décembre dernier, on a pris la route. On a traversé l’Europe en train jusqu’à Istanbul, la ville départ de notre folle aventure : le tour du monde sans avion.

Aujourd’hui, 6 mois plus tard, il est temps de faire le bilan sur notre périple en Asie centrale. Turquie, Iran, Turkménistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Chine, Tibet, Népal et Inde, voici 10 questions auxquelles on a répondu.

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1) quel est votre plus beau souvenir en Asie centrale ?

– C’est difficile de répondre à cette question parce qu’en 6 mois de tour du monde il s’est passé énormément de choses !

Clo : On a adoré l’Iran parce que nos rencontres y ont été condensées et intenses. La famille d’Adel à Tabriz a su nous montrer le vrai visage de Iran, celui de la population, pas celui du pouvoir et des médias occidentaux. Loin des enjeux politiques et de l’extrémisme religieux, on est tombé amoureux de cet Iran là. Notre séjour improvisé dans une famille Afghane à Shiraz fait également partie de mes plus beaux souvenirs. Sans parler anglais, juste avec les gestes et des photos, on s’est vraiment lié à cette famille. Les mimes, les éclats de rire et les larmes de tristesse en les quittant, ça restera gravé à tout jamais dans mon cœur.

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Clem : J’allais aussi parler de l’Iran… Mais je peux ajouter la fois où une inconnue dans le train Kazakh nous a offert un repas, ou encore au Kirghizistan, la ville à la frontière de la Chine. Le paysage était véritablement incroyable, le plus beau panorama de toute ma vie. Et il régnait dans le village, coupé du monde en hiver, une atmosphère unique.

Kirghizistan Asie centrale

2) Du coup, quel est votre pire souvenir ?

– Clo : Sans hésiter, la fois ou on a fait un trek à cheval dans le Sichuan, à Songpan. Il faisait vraiment très froid, et pour la première (et dernière fois on espère !) les locaux nous ont mal accueillis. Comme c’est à la frontière tibétaine, le gouvernement chinois verse de l’argent aux habitants pour éviter que la révolte se propage. Des portraits de Mao trônent sur les porches des maisons, et des drapeaux chinois flottent fièrement au dessus des drapeaux de prières. On s’est senti mal à l’aise. On pouvait comprendre qu’on était pas les bienvenus.

– Clem : Pour moi le pire souvenir c’est quand Clo a été agressée en Iran. Alors qu’on prenait un bus de nuit pour aller à Isfahan, elle a eu la mauvaise idée d’aller aux toilettes sur une aire d’autoroute toute seule à 4h du matin. Profitant du fait que ce soit sombre et désert un individu l’a suivie et l’a coincée aux toilettes. Heureusement, elle a su se défendre, mais j’aurais aimé être réveillé pour l’accompagner.

 

3) Si vous deviez changer quelque chose dans votre itinéraire, par où passeriez-vous ?

– Au lieu de passer par le Kazakhstan, on serait probablement passé par l’Ouzbékistan. Les prix au Kazakhstan sont excessivement élevés, et comme en hiver il fait extrêmement froid, on a pas ou profiter pleinement de notre voyage là-bas. Comme on devait arriver en Inde avant la mousson, on n’a dû passer assez vite ces pays.

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4) Est-ce qu’une aventure de cette ampleur a eu un impact sur votre couple ?

– Faire un tour du monde en couple, c’est quitte ou double. On en ressort plus fort ou seul. Quand on fait le choix de partir en couple, il faut bien être conscient qu’on va être ensemble 24h/24 pendant plusieurs mois voire années.

Pour nous, heureusement, tout se passe pour le mieux. Bien sûr, il nous arrive de nous disputer, comme tous les couples et comme la plupart des groupes de voyageurs qui partent ensemble pendant longtemps. Mais plutôt que de se braquer l’un contre l’autre, on discute beaucoup et on essaye de comprendre le point de vue de l’autre. 99% de nos accrochages sont dus à une incompréhension. Et puis l’essentiel du voyage se passe dans la bonne humeur, la découverte, le plaisir. Cette aventure nous apprend la patience et l’écoute. On grandit.

Et puis, être deux, c’est aussi avoir un soutien. Quelqu’un qui comprenne par quoi l’on passe et qui sache nous réconforter dans les moments de doute et de désespoir. Quelqu’un avec qui s’émerveiller, se souvenir. Quand on voyage seul, on a parfois du mal à croire soi-même ce que l’on a vécu. Personne n’est là pour confirmer que tout ceci était bien vrai.

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5) Est-ce qu’être en couple vous a empêché de faire des rencontres ?

– Clo : Être en couple nous a permis d’être accueillis plus facilement chez les gens. On fait plus confiance à un couple, plutôt qu’à un homme seul. On a beaucoup dormi chez l’habitant, un moyen extraordinaire pour faire des rencontres mémorables. Pour autant, c’est vrai que ça nous a également empêché de faire certaines rencontres, notamment avec les autres voyageurs. En étant en couple, on a remarqué que peu de personnes seules venaient vers nous. C’est plus difficile d’aller vers deux personnes qui parlent ensemble. C’est plus impressionnant car on a la crainte de déranger. Malgré tout, on a fait deux très belles rencontres : Syril (un Suisse avec qui on a fait un bout de route dans la Province du Xinjiang) et Mathilde (une Française avec qui on a baroudé dans le Sichuan).

– Clem : Bon, en même temps, il faut dire que l’Asie centrale n’est pas du tout fréquentée par les touristes en hiver ! Ça sera plus facile de rencontrer d’autres backpackers en Asie du sud-est.

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6) Qu’est-ce qui vous a semblé indispensable dans votre sac à dos ?

On peut sélectionner trois éléments qui nous ont beaucoup servis pour ce début de tour du monde :

nos sacs à viande. Ils ont été très utiles dans les transports de nuit par exemple (trains et bus) ou même dans certains hôtels très bas de gamme.

notre stérilisateur d’eau Steripen avec une gourde. Ça nous a permis de boire l’eau du robinet. On a découvert ce gadget lors de notre précédent séjour au Népal. Un Américain rencontré durant notre trek autour des Annapurnas nous avait expliqué le fonctionnement. On avait été immédiatement séduit.

l’iPad. On est pourtant parti sans iPad dans notre sac ! Quand on a cassé notre téléphone, Syril nous a conseillé d’investir plutôt dans une tablette. Et il a eu mille fois raison. Ça nous a surtout servi pour écrire nos articles pour le blog (plus facile à sortir dans un bus que l’ordinateur portable) et comme carte quand on était un peu perdu.

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7) Et inversement, qu’est-ce qui vous a été totalement inutile ?

– Pas inutile mais encombrant et très lourd : les livres qu’on a amenés dans notre sac à dos. On s’est vraiment craqué, on a amené toute une bibliothèque ! Pour la suite du voyage on vient d’investir dans une petite liseuse qui va certainement intégrer très rapidement notre liste d’objets indispensables dans le sac à dos.

les petits dictionnaires d’images. Ça nous a été complètement inutile. On a réalisé très vite qu’on peut s’exprimer plus simplement et rapidement avec des gestes et des mimes. Et puis ça nous oblige à apprendre quelques mots indispensables dans la langue locale.

– et la moustiquaire. Pour la simple raison qu’on était en plein hiver. En Asie centrale, on a eu des températures avoisinant les -40°C, trop extrêmes pour des moustiques ! Mais on va garder bien précieusement dans notre sac à dos  notre moustiquaire pour l’Asie du sud-est, la suite du tour du monde 🙂

 

8) Comment avez-vous vécu la distance avec vos proches ?

– Pour l’instant ça ne fait que 6 mois qu’on a quitté la France. C’est vrai qu’on a raté de nombreuses occasions de passer du temps avec notre famille (Anniversaires, Noël, Nouvel an, Pâques, fête des mères et des pères…). Mais Skype réduit considérablement les distances. On peut communiquer facilement n’importe où dans le monde. Et puis, on poste très régulièrement des photos avec nos récits de voyage. On est presque plus présents qu’avant !

 

9) On connaît très peu l’Asie centrale, quel pays avez-vous préféré ?

– Chaque pays nous a apporté une expérience différente. Plutôt que de dire celui qu’on a préféré, on dira celui qui nous a le plus surpris.

L’Iran est une véritablement révélation. On ne comprenait pas trop pourquoi tant de voyageurs qui reviennent de ce pays sont aussi enthousiastes. On en est ressorti avec de magnifiques souvenirs et l’envie de les partager au plus grand nombre de personnes pour casser les préjugés et donner une image plus justes des Iraniens.

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On a eu une autre surprise de taille avec le Turkménistan. On ne connaissait rien sur ce pays. On pensait traverser rapidement un petit pays désertique et on s’est retrouvé dans une dictature pure et dure. Dès notre arrivée, nous avons ressenti un profond malaise. La population vit dans la peur et le culte de la personnalité du président est impressionnant. Heureusement, même dans cette atmosphère si particulière, nous avons réussi à faire de belles rencontres, comme les vieilles dames dans le train et le restaurateur à Turkmenbashi.

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frontière entre le Turkménistan et le Kazakhstan

10) Est-ce que vous avez envie de continuer ce tour du monde ?

– Plus que jamais. Ces 6 mois ont été les meilleurs de notre vie. On ne s’est jamais senti aussi vivants ! On ne sait pas encore exactement quand nous repartirons mais notre soif de découvertes est loin d’être repue. Il reste encore tant de rencontres à vivre, de paysages à contempler, de défis à relever 🙂

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Clo & Clem

 

9 commentaires

  1. Vous m’avez trop donné envie de découvrir l’Asie centrale (et l’Iran !), ça change de l’Asie des cartes postales mais ça doit être vraiment extraordinaire humainement !

    Bonne continuation, hâte de suivre la suite de vos aventures !

    1. Merci beaucoup 🙂
      C’est vrai que l’Asie Centrale ne jouit pas d’une très bonne réputation, et pourtant les paysages sont magnifiques, et les gens très accueillants ! On y retournera avec plaisir, en été cette fois 😉

  2. Votre ressenti sur l’Iran nous fait penser à celui que nous avons eu pour la Russie : « mauvaise réputation » à l’international mais vue de l’intérieur : belles rencontres, personnes très chaleureuses et accueillantes (dernière leur regard froid et leur visage peu souriant). Vous nous donnez encore plus envie de découvrir l’Asie centrale mais ça, ce sera pour un autre voyage !
    Sinon, pour l’aspect couple, on pense pareil que vous ! Un soutien mutuel mais qui peut parfois nous faire « louper » quelques rencontres …
    On espère vous croiser sur la route !

    1. J’avoue que nous aussi on a des préjugés sur certains pays, et c’est toujours très enrichissant de lire les retours sur des blogs, ça permet d’ouvrir l’esprit et les yeux 🙂

  3. Je trouve tout simplement énorme le courage dont vous êtes dotés pour s’être lancés dans cette aventure ! C’est vraiment merveilleux. Et Merci de nous le faire partager !
    Avec mon copain, nous revenons d’un voyage de 9mois… & l’envie de repartir s’accroît de jour en jour ! 🙂

    Belle continuation à tous les 2. Que votre route soit encore comblée de jolies surprises, de Bonheur et d’Amour.

  4. Super site, super voyage, super couple ! Vous donnez envie de vous rejoindre ! Je fais aussi le TDM avec mon copain, mais 8 mois uniquement ! En rentrant je continuerai l’aventure avec vous du coup !

  5. Bonjour,

    Mon copain et moi envisageons de partir plus ou moins 6 mois en Asie centrale.
    J aurai voulu savoir si il n était pas difficile de voyager dans ces pays en étant une fille ?
    Est ce que la culture est dure à ce niveau là ?

    Merci
    Shannon

  6. Hello les voyageurs,
    Pensez vous que je puisse faire l’Asie centrale en tant que jeune femme seule sans trop de dangers ? Quand je lis que Clo a été agressée en allant au toilette ça me fait douter un peu (même si ça peut arriver partout bien entendu..) 🙂
    Des bises

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