Le paradoxe indien : Faut-il aller en Inde ?

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Ne pas faire de son cas une généralité !

1 300 000 000 d’habitants, 29 états, 22 langues, 3 300 000 km2… L’Inde n’est pas un pays mais bien un (sous-)continent. Un voyage de quelques semaines ne permet que d’effleurer l’Inde. Il faut plusieurs mois pour commencer à saisir toute sa complexité et quelques années pour le connaître véritablement.

« Ne pas faire de son cas une généralité ! Ne pas faire de son cas une généralité ! Ne pas faire de son cas une généralité ! Ne pas faire de son cas une généralité ! »

C’est la phrase que tout touriste devrait avoir en tête pendant un périple en Inde.

On ne peut pas condamner un pays et sa population sur une mauvaise expérience individuelle.

 

Nos expériences en Inde

Quand nous arrivons à Madurai, fin décembre 2014, nous pensons être en terrain connu. C’est le quatrième séjour de Clem en 8 ans et le deuxième de Clo en moins d’un an.

Pour Clem, l’Inde, c’est la découverte de la vie au bout du monde : 4 mois à New Delhi pour ses études. Puis, 2 ans plus tard, 2 mois à Calcutta et dans le sud de l’Inde. Enfin, début 2014, nous nous sommes installés 3 mois à Bombay pour réaliser un documentaire.

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Ces 3 séjours se sont globalement très bien passés. Du Nord au Sud, l’Inde offre une multitude de trésors naturels et culturels. Nous nous attendions donc à un excellent nouveau séjour en Inde à la découverte du Kerala, du Karnataka, de Goa et du Rajasthan.

Pourtant, au bout d’à peine une semaine, nous avons décidé de quitter le pays au plus vite.

 

Du rêve au cauchemar : Pourquoi avons-nous quitté l’Inde en urgence ?

En une semaine, nous sommes passés des petites frustrations aux grosses frayeurs.

Les premiers jours, nous enchainons les petites déconvenues :
• nous essayons de nous procurer une carte SIM locale mais, pour la première fois du voyage : Echec !
• nous essayons de réaliser un rêve, acheter un rickshaw : Impossible !
• nous tentons d’acheter un simple billet de train : Complet !

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Ce sont les vacances indiennes et il nous faut finalement nous rabattre sur des bus hors-de-prix pour pouvoir nous rendre à notre prochaine destination, Bangalore, avant de partir à Goa pour fêter la nouvelle année. C’est à ce moment-là que tout s’accélère.

De Madurai à Bangalore, une autoroute a été construite. Notre bus est pressé. Il slalome à toute vitesse entre les vieux camions qui roulent quasiment au pas. Soudain, il ralentit et tous les passagers se jettent sur les vitres du bus. Au milieu de l’autoroute, une voiture est arrêtée et une foule de villageois regardent impassibles au sol. Un homme, visiblement choqué, se sent mal et se met à vomir. Une femme en sari de couleurs est allongée sur la route dans une mare de sang. Cette vision d’horreur nous glace le sang.

L’autoroute passe en plein milieu des villages et aucun équipement n’a été prévu pour permettre aux habitants de traverser sans danger. Ils doivent donc passer plusieurs fois par jour sur une autoroute de 6 voies sur laquelle les voitures et les bus roulent à tombeau ouvert. Une aberration…

Mais notre chauffeur de bus ne s’en soucie guère. Il repart en trombe vers Bangalore. Quelques dizaines de minutes plus tard, il freine de toutes ses forces, mais c’est trop tard. Nous heurtons violemment le bus qui se trouve devant nous. Installés au fond du véhicule, nous heurtons de la tête le siège d’en face et nous voyons s’envoler dans le couloir du milieu le touriste israélien avec qui nous étions en train de sympathiser. Sur sa gauche, un Indien tente de le rattraper mais il se prend le coin d’un siège dans la trachée.

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Heureusement, tout le monde s’en sort finalement sans blessure importante. Il nous faudra attendre 2 heures sur le bord de l’autoroute pour que la police décide finalement de… nous laisser reprendre la route ! Il fait nuit. Nous sommes au milieu de nulle part. Nous n’avons pas d’autre choix que de remonter dans le bus défoncé. S’en suivra trois heures de peur incessante. Considérablement énervé et en retard, le chauffeur de bus roule encore plus vite et dangereusement. Dès qu’il freine, nous imaginons le pire. Nous arrivons soulagés dans les faubourgs de la ville quand notre voisin indien reçoit un SMS : Une bombe vient d’exploser non loin de la gare routière… Nous sommes maudits !

Pour récupérer de toutes ces aventures et pour fêter le Nouvel An et l’anniversaire de Clo dans de bonnes conditions, nous décidons de rester à Bangalore dans un très bon hôtel. Ici, au moins nous serons à l’abri des problèmes. Le lendemain matin, nous apprenons que la bombe a fait une victime, une mère de famille. Les autorités indiennes redoutent une série d’attentats pour le Nouvel An…

Finalement, le Nouvel An se passe sans encombre, dans le calme. Ces quelques jours de repos nous remettent d’aplomb et nous décidons de continuer notre voyage en Inde. Nous achetons sans encombre nos billets de train direction Agra, la ville du Taj Mahal. Le lendemain matin, en remontant du petit déjeuner, nous surprenons un homme de ménage dans notre chambre occupé à fouiller dans notre porte-feuille…

Dans nos têtes, cet énième incident est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Dans l’heure qui suit, nous abandonnons tous nos plans et réservons un billet d’avion direction la Nouvelle-Zélande. Le soir-même, nous sommes dans l’avion, direction Auckland, soulagés.

 

La véritable raison de notre départ

Cette série de malchances a été l’élément déclencheur de notre départ. Pourtant, la raison pour laquelle nous voulons quitter l’Inde est à chercher ailleurs. C’est un petit détail qui cloche depuis que nous sommes de retour sur le sol indien.

L’échange de sourires : Pour nous, c’est la base du voyage, c’est le début de toute conversation même dans une langue inconnue. Un monde sans sourire et nous sommes perdus.

Malheureusement, pour Clo, l’Inde est un pays sans sourire. Pour elle, les visages sont fermés, froids. Tout le contraire de Clem qui a le droit à de grands sourires. Il nous aura fallu plusieurs jours pour en être certains et pour étudier toutes les raisons de ce problème. Nous en sommes arrivés à une conclusion bien triste : Clo ressemble à une Indienne du sud et elle est en couple avec un homme blanc.

 

Le poids des traditions

L’Inde est un pays où les traditions ont la dent dure. La religion hindou, omniprésente, dicte les règles de la société indienne. Elle est même au-dessus des lois dans l’esprit d’une majorité d’Indiens.

Par exemple, les castes (interdites depuis 1950) et le système de dots (interdit depuis 1961), sont toujours en place.

Pourtant critiqué par une partie de la jeunesse indienne, le mariage arrangé est aussi toujours la règle. Les mariages d’amour, les mariages inter-religieux et les mariages inter-castes sont très mal vus et rarement acceptés. Dans les films de Bollywood, comme par exemple Namastey London, pas de happy-end sans mariage arrangé entre Indiens de même caste.

Un mariage mixte entre une Indienne et un blanc européen constitue donc un affront inacceptable pour une grande partie des Indiens.

Et c’est de cet affront imaginaire dont est victime Clo.

Au Sri Lanka, tout le monde demandait à Clo avec un grand sourire si elle était Sri Lankaise. En Inde, plus personne ne pose de question, une trop grande partie des Indiens préfèrent juger et mépriser. Les sourires ont disparu et sont remplacés par des reproches incessants, voir parfois des insultes.

Dans ces conditions, il nous était impossible de continuer.

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Faut-il voyager en Inde ?

« L’Inde tu l’adores ou tu la détestes ». C’est LA phrase qui ressort constamment quand on parle de l’Inde. C’est l’introduction obligatoire quand quelqu’un demande s’il doit aller en Inde.

Pour nous, l’Inde tu l’adores ET tu la détestes.

C’est un pays absolument incroyable. C’est un voyage sur une autre planète, une expérience inégalable. Pour un voyageur en quête d’inconnu et de sensation, c’est le Saint-Graal. Des paysages himalayens aux Backwaters du Kerala, en passant par les palais du Rajasthan, on en prend pleins les yeux. C’est aussi un des rares pays où les gens sont capables de perdre 30 minutes de leur temps, ou même rater leur train, pour vous aider à trouver votre route.

Malheureusement, c’est également le pays des inégalités les plus insupportables.

Bombay abrite pas moins de 27 milliardaires. Alors que dans le seul état du Maharashtra (celui de Bombay), 19 millions de personnes vivent dans des bidonvilles. L’esclavage, notamment des enfants, est une pratique courante dont personne ne se cache. La condition des femmes indiennes est considérée comme une des pires au monde (infanticide en masse de fillettes, viols impunis, toutes les heures des Indiennes sont assassinées car elles ne peuvent pas payer leur dot…). C’est le pays de la corruption et de la mafia… Et on pourrait continuer longtemps comme ça, notamment en matière d’écologie et de discrimination religieuse. L’Inde a beau être la plus grande démocratie au Monde, elle est loin d’être un pays exemplaire en matière de droit de l’Homme.

 

Alors il ne faut pas aller en Inde ?

Si !

Pour les voyageurs, l’Inde est un pays relativement sûr (à condition d’éviter les bus !). En voyageant léger, sans signe extérieur de richesse, en étant conscient des différentes arnaques possibles, tout devrait bien se passer. Pour les femmes, il faudra également éviter de se balader seule quand la nuit tombe, mais c’est le cas dans beaucoup d’autres pays.

Un voyageur responsable et ouvert d’esprit est une ouverture sur le Monde pour l’ensemble des Indiens qu’il croise. La confrontation des différentes façons de penser et de vivre ne peut être que bénéfique pour le voyageur comme pour les Indiens. Voilà pourquoi il ne faut pas boycotter l’Inde.

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Malheureusement, l’Inde ne fait plus partie de nos projets pour le moment. Tant que les couples mixtes seront mal vus, nous ne pourrons pas apprécier ce pays et ses habitants à leur juste valeur.

 
A bientôt pour un nouveau récit de voyage,

Clo & Clem

 

43 commentaires

  1. Wow !! Je découvre votre blog que je trouve vraiment intéressant ! Votre article me refait penser à une Indienne avec qui je travaillais en Australie : elle vivait avec son copain depuis des années, à Sydney (Indien aussi mais d’une autre caste). Leurs parents, qui vivaient en Inde, refusaient l’union, et ma collègue ne pouvait donc pas se marier malgré ses supplications. Elle m’a raconté plusieurs fois des détails et des dialogues qu’elle a eus avec sa famille, c’était terrible.

  2. Je suis partie un mois en Inde en juillet avec mon copain, et j’ai été contente de rentrer. J’ai fait de belles rencontres mais je garde surtout un goût amer de ce voyage. En tant que femme, j’ai très mal vécu l’atmosphère pesante de ce pays. Comme tu le dis si bien, l’Inde tu l’aimes ET tu la détestes, c’est un sentiment très ambivalent et j’ai eu beaucoup de mal à prendre du recul sur cette expérience.
    Ton article était très intéressant en tout cas.
    Élodie

  3. Bonjour, très intéressant votre article sur l’Inde, et n’y étant jamais allée c’est vrai que j’ai des retours très forts et opoosés : grand coup de coeur ou grand désarroi … J’aime du coup le recul et la mesure de votre propos, bonne route 🙂

  4. Merci beaucoup pour ce témoignage plein de recul, malgré vos mésaventures. C’est vrai que même en dehors de l’Inde, les Indiens (et notamment les femmes) peuvent, parfois, se montrer méprisant envers les femmes. J’en ai fait l’expérience et ça ne reste pas un super souvenir.

    En tout cas, j’espère que vous avez repris du poil de la bête en Nouvelle-Zélande et on espère vous y croiser très bientôt ! 😀

  5. Pour nous pareil : l’Inde ne s’est pas passée au mieux… Je n’arrive pas encore à en parler sur le blog… Aussi de grosses galères côté transports d’ailleurs ! J’ai juste montré le Taj Mahal hier .. Un de mes meilleurs souvenirs en Inde… Le mois prochain nous partons au Sri Lanka. Je vais aller lire vos articles.

  6. Bon article les amis ! Celui ci permet d’avoir un point de vue nuancé avec le bon et le moins bon. La misère, les accidents, le vol peut se retrouver ailleurs, mais cet espèce de « racisme » envers Clo devait être surement le plus pesant. Nous avons adoré nos 1 mois en Inde : ce pays est envoutant, déroutant; les Indiens savent être aussi adorables que détestables. Nous y avons fait cependant plein de belles rencontres, surement grâce à notre petite Loulou de 3ans, mais comme vous, nous étions content d’en partir…. En tout cas, nous y retournerons surement plus tard.
    Bonne route à vous en NZ !

  7. Quelle aventure ! Ce sous-continent est une destination en effet très populaire car on l’aime ou on ne l’aime pas, j’apprécie beaucoup le recul que vous prenez dans vos articles, et c’est très plaisant de le voir dans celui-ci qui a quand même un gros fond négatif dû à une mauvaise expérience. J’adore vous suivre, c’est très agréable, et je note tous vos bons plans pour mon futur projet de tour du monde avec mon chéri. Bonne escapade en NZ 🙂

    « Nani », blogueuse (www.uncafeavecnani.com).

  8. Coucou, moi aussi je voyage beaucoup (je suis actuellement au Pérou depuis 2 mois) j’aime beaucoup votre blog que je regarde assez régulièrement (nous sommes partis au Groenland quasiment en même temps!!).
    Je suis allée en Inde il y a deux ans, il est vrai que j’ai aimé certains aspects mais j’ai surtout détesté. C’est le seul et unique pays depuis que je voyage qui ne m’a pas donné envie de revenir.
    Attention, comme vous le dites très justement : « ne pas faire de son cas une généralité », mais ce qui m’a le plus dérangé et mise mal à l’aise est que j’ai trouvé les indiens malsains. Ils n’ont cessé ne nous prendre (ma mère mon copain et moi) pour un dollar sur patte. On a eu le sentiment de se faire rouler dans la farine constamment. Ils insistent lourdement voire très lourdement et ne vous laissent tranquille qu’après avoir répéter 100 fois « NON MERCI », du coup on devient méfiant et on ne fait plus confiance à personne au détriment de ceux qui sont vraiment sincères. Nous étions dans le Rajasthan qui est très touristique donc ceci explique peut être cela.
    Et je ne parle pas de la condition de la femme, des inégalités, de la pauvreté, et de l’injustice. Bref pour nous 3 ça à été une mauvaise expérience.
    Cependant je connais des personnes pour qui l’Inde a été une révélation et qui est devenu leur pays de coeur, pour ma part je suis tombée amoureuse du Népal qui peut s’apparenter à l’Inde mais, pour moi, en beaucoup plus authentique et vrai.

    1. Bonjour Anaïs,

      Il est vrai que la grande difficulté en Inde, c’est de savoir à qui l’on peut faire confiance. A Bodhgaya, j’ai rencontré un jeune moine et sa bande d’amis (qui n’étaient pas moine) avec qui j’ai passé toute une journée. C’était vraiment une belle rencontre jusqu’à ce que l’un de ses amis me demande de l’argent pour avoir passé du temps avec un moine…
      C’est un problème très complexe. L’Inde reste un pays pauvre. C’est donc logique qu’une partie de la population voit les touristes ou les voyageurs comme des porte-feuilles sur pattes. Mais du coup, ça fausse les relations. On ne sait plus distinguer la gentillesse désintéressée de la tentative d’arnaque.
      Pour rencontrer véritablement la population, nous essayons au maximum de quitter les circuits touristiques remplis d’arnaqueurs en tout genre. Il suffit parfois de faire quelques mètres pour rencontrer des gens accueillants qui seront contents de rencontrer des étrangers sans même penser une seule seconde à notre porte-feuille.

  9. Comme on se retrouve dans vos lignes… Pour nous aussi l’Inde est difficile, on a déjà échangé à ce sujet sur les réseaux sociaux, et je vis tout aussi mal d’être dévisagée comme une extraterrestre ou un éclair au chocolat tandis que Matt passe presque pour un local avec son look de chevelu un peu bronzé 🙂
    En tout cas, on tient le coup et on espère garder le meilleur en tête à l’heure des bilans. Amusez-vous bien au pays des hobbits les djeun’s !!

  10. Salut, si tu es allé en Inde et que tu n’es pas allé à Hampi, il faut y retourner ! Je pense aussi que le problème n’est pas d’être un couple mixte mais tout ce qui est marque d’affection (éviter de se tenir par la main, tout ça…).

    1. Bonjour Mat,

      Je suis déjà allé à Hampi, du coup je n’ai plus besoin d’y retourné ? :p
      Pour être plus sérieux, au sujet des marques d’affection, on peut vous assurer que ce n’était pas le problème. Lors de mon premier voyage en Inde, j’ai rencontré un couple de Français qui se sont fait caillassés dans la rue pour avoir eu « l’imprudence » de se tenir par la main. Depuis, on évite…

  11. Nous sommes partis en Inde Avec mon copain l’été dernier pour une durée de 3 Semaines et ce fut mon plus beau voyage car ce pays te bouleverse et te rappelle pourquoi il est important de se remettre en question. Etant d’origine malgache, beaucoup d’indiens habitent à Madagascar et ce fut un des déclencheurs pour moi d’y aller, Mon copain étant un bon normand nous nous aventurés en Inde en tant que couple mixte et il est vrai que nous nous pas passé inaperçus, en fait il y avait plusieurs types de regards : la curiosité, l’étonnement et quelque fois des regards malavisés. Je ressemble à une Indienne du sud et plusieurs nous avons rencontré des personnes qui nous ont posé la question : de vous êtes ensemble, amis, mariés? un couple mixte ensemble et pas mariés vous comprenez pour eux ca n’avait pas beaucoup de sens et pourtant certains ns ont répondu, félicitations car si plus tard vous ferez des enfants ça fera un beau mélange même si ici on en voit, ou alors ah vous avez bien de la chance de l’avoir monsieur. Bref tout ça pour dire, qu’effectivement l’inde n’est peut être pas comme le laos ou le cambodge ou l’ont vous sourit à tous les coins de rue mais les rencontres que vous faites restent gravés dans vos têtes bonnes ou mauvaises. Bien sur nous avons eu des péripéties, mais jouer avec des enfants avec un grand sourire, ou discuter et marcher avec un un mec sympa qui te demande rien mais juste par curiosité et bien ça n’a pas de prix!

    1. Bonjour Rahaririaka,

      Merci pour ce témoignage très intéressant. C’est étonnant de voir à quel point nos expériences sont différentes.

      Les réactions que vous décrivez, de la curiosité et des commentaires majoritairement positifs, ressemblent beaucoup à ce que nous avons vécu au Sri Lanka.

      Nous avons surement joué de malchances et rencontré une série de mauvaises personnes. Nous étions à Madurai, une ville très religieuse. Les mariages mixtes y sont peut-être moins bien acceptés que dans le reste du pays. Quand nous avons vécu quelques mois à Bombay, nous n’avions pas eu la moindre réaction négative.

  12. L’expérience vécue dans ce pays dépend en majeure partie de son état d’esprit. Si on y va positif, il y a que des bonnes choses qui arrivent, et l’inverse est également valable. Ces événements malheureux n’ont surement pas du arranger le votre … Mais ce n’est pas partie remise, j’espère ! J’ai rencontré un voyageur qui avait eu une première expérience malheureuse, comme vous, et qui a du retourner en Inde par nécessité. Et pour cette seconde fois, pour lui, tout a changé, et il bénit les obligations qui l’ont obligé à remettre les pays dans ce pays qu’il considérait comme maudit.

    https://www.sebaroudeur.com/blog/2014/10/que-me-restetil-de-linde-

    1. Bonjour Sebaroudeur,

      Merci pour cet avis même si nous ne le partageons pas tout à fait.

      On est tout à fait d’accord sur le fait qu’un état d’esprit positif amène, en général, de bonnes choses. C’est presque notre devise du voyage.

      On est aussi d’accord sur le fait qu’il ne faut pas se faire une idée négative d’un pays sur une expérience personnelle difficile.

      Pour autant, il ne faut pas se voiler la face. L’Inde est un pays difficile dans lequel il n’est pas rare de vivre des expériences désastreuses. Début 2014, nous avons vécu quelques mois à Bombay et nous avons été victime d’une tentative de racket par la police locale. Notre état d’esprit n’avait rien à voir là-dedans, c’est juste une manifestation d’un mal qui ronge l’Inde, la corruption. Il en va de même pour les problèmes liés à l’extrême pauvreté, l’extrémisme religieux…

      Il ne faut bien sûr pas réduire l’Inde à ses problèmes (nous avons au moins autant d’anecdotes positives que de négatives) mais on ne peut pas réduire les problèmes rencontrés en Inde par de nombreux voyageurs à un simple problème d’état d’esprit.

  13. Bonjour à tous les deux,

    Ah les couples mixtes, sacré aventure quand on voyage! Mon copain est également d’origine malgache; et dans beaucoup de pays, on le prend pour un local! A Fidji, dans les bus, tout le monde me montrait du doigt et me fixait mais lui était plutôt tranquille, il passait pour un fidjien… En Thaïlande du Sud, pareil il se fondait dans la masse! En Thaïlande du Nord dans la campagne les gens étaient parfois étonnés de sa couleur de peau… mais nous n’avons jamais ressenti de racisme ou de discrimination jusqu’à maintenant. Mais c’est vrai que l’Inde m’inquiète…

    En Nouvelle Zélande, les gens sont plutôt étonnés de voir qu’il est français, vous verrez il n y a pas beaucoup de noirs là bas, et du coup c’est assez marrant; les gens ont parfois du mal à comprendre comment ça se fait qu’il est à la fois noir et français? A Fidji pareil, ils nous disaient « vous venez d’où? » on disait « de France » et il lui demandait à lui « mais toi? » « bah de France » et ils restaient un peu dubitatif!

    Dans tous les cas, je vous souhaite un superbe voyage en Nouvelle Zélande, pays magnifique…

  14. J’ai une amie avec qui j’ai un peu voyagé qui m’avait raconté avoir pleuré de peur pendant 2 heures dans un bus indien, je retrouve bien ce sentiment dans votre récit. Il est clair que je n’ai pas hâte de prendre un bus en Inde.
    Je ne suis même pas certain que ça m’attire d’ailleurs, j’avais cru comprendre qu’en solo c’était une expérience assez difficile à vivre et que c’était bien d’y aller à plusieurs.
    Un avis là-dessus?

    1. Bonjour Gaston,

      S’il y a bien quelque chose à retenir de notre article, c’est « NE PRENEZ PAS LE BUS EN INDE ! » 🙂 Vous trouverez toujours des voyageurs pour vous dire qu’ils ont fait des milliers de kilomètres en bus et qu’ils n’ont eu aucun problème (c’était notre cas jusqu’à maintenant), mais il faut se rendre à l’évidence. Il vaut mieux éviter au maximum les routes indiennes, d’autant plus que le train est très développé et très pratique (quand il n’est pas plein).

      En ce qui concerne les voyages en solo en Inde, pour un homme, on y voit aucun problème particulier. Ce n’est pas beaucoup plus compliqué que de voyager dans un autre pays. Clem est parti seul pendant 2 mois et ça s’est très bien passé. Il est très fréquent et facile de rencontrer d’autres voyageurs solo avec qui partager un bout de route et la majorité des Indiens sont très accueillants quand on vient leurs parler. Il faut juste être un peu plus sur ses gardes concernants les arnaques et les vols.

  15. j’ai bien aime l’article, je suis un grande voyageuse, je suis parti aussi avant la fin de mon séjour prévu en inde… j’ai vu des choses que je ne pas pu comprendre, une logique base sur la tradition et la religion donc un logique pas logique a comprendre pour « les fils de Descartes ». c’est une voyage au delà de la raison tel qu’on l’entende …faudrait comprendre ça quand on fait un voyage en inde.

    1. Bonjour Maria,

      Merci de nous faire part de votre expérience. L’Inde est un pays complexe à aborder. Ce fut mon premier « grand voyage », j’en étais revenu émerveillé. Pourtant, plus j’y retourne, plus j’ai du mal. La première fois, j’étais jeune, je ne m’étais pas vraiment rendu compte de l’étendu des inégalités, du poids écrasant des traditions et du pouvoir de la religion. Le désenchantement est rude mais nécessaire.

  16. Je trouve intéressant votre point de vue même si je ne le partage pas, et je trouve que vous noircissez trop le tableau (peut-être mon côté optimiste). Bien sur l’Inde est loin d’être un modèle pour le respect des droits de l’Homme et encore plus pour les conditions de vies des femmes, mais les choses changent. Doucement mais elles changent. J’ai passé un mois dans un orphelinat et les filles me disaient que ce qu’elles voulaient c’était un mariage arrangé, je ne comprenais pas trop pourquoi. Après nos longues discussion je me suis rendue compte que nous n’avions pas la même définition de mariage arrangé. Ce qu’elles voulaient c’est un mari qui les aime et dont les parents les accueillent chaleureusement. Après bien sur que toute n’auront peut-être pas cette chance, mais petit à petit ça viendra. Et elles me racontaient aussi que certaines de leurs « grandes soeurs » vivaient seules dans un appartement ce qui, il y a quelques années encore, était inconcevable.
    Alors oui l’Inde est un pays pauvres où ils se passent des choses affreuses ( tout les orphelins avaient des histoires plus tristes les uns que les autres), mais qui est tellement riche aussi. Je trouvais que votre texte manquait un peu d’espoir, j’en ai tellement pour ce pays, j’espère vous en avoir donné un peu.

    1. Bonjour Claire,

      Merci d’apporter cette dose d’optimisme 🙂 D’autant plus qu’on est tout à fait d’accord avec votre message. L’Inde peut offrir le pire comme le meilleur. Malheureusement, en quelques jours, nous avons eu un petit condensé du pire. Ce qui explique cet article trop peu optimiste. On vous invite tout de même à lire nos précédents articles sur l’Inde qui était bien plus positifs 🙂 https://cloetclem.fr/category/asie/inde/

  17. Je rajouterais juste que pour vraiment comprendre l’Inde il faut rencontrer les indiens et ce n’est pas facile, ils ne se livrent pas facilement.

  18. Hello, je découvre votre blog avec cet article qui me paraît très juste sur l’Inde (nous y vivons depuis presque 3 ans après y avoir voyagé à plusieurs reprises). C’est clairement le pays du grand 8 émotionnel et c’est d’ailleurs pour ça qu’on adore ce pays, il faut aimer les sensations fortes.
    Vous évoquez un problème de raciste que nous ne connaissons pas personnellement mais dont nous avons entendu parlé de nombreuses fois. Pourtant nous connaissons des couples mixtes qui n’ont pas l’air d’avoir trop de problèmes. Après, avec du recul et de l’expérience, on arrive normalement à surmonter les moments un peu difficiles, mais là je crois que vous avez vraiment joué de malchance avec une sacré accumulation.
    Malgré ces épisodes traumatiques, j’espère que vous redonnerez une chance à l’Inde parce qu’elle a toujours plus d’un tour dans son sac 🙂 et si vous repassez par Bangalore, faites nous signe !

    1. Bonjour Nico,

      C’est très intéressant pour nous d’avoir d’autres avis sur l’Inde, surtout de la part de personnes qui y vivent depuis longtemps. On a beau avoir notre petite expérience, ça reste des expériences relativement courtes comparé à la votre.

      Avec le temps, on apprend à relativiser. On espère un jour retourner en Inde pour ne pas rester sur cette mauvaise expérience.

      Alors peut-être à bientôt sur Bangalore 🙂

  19. Bonjour Clo et Clem,

    Vraiment particulier comme moment que vous avez eu, pour tous les deux, surtout comprendre pourquoi Clem semblait plus « apprécié » sur les visages indiens que Clo… En tout cas vous parlez de vos mésaventures avec une certaine objectivité et pour cela je vous félicite! Je vous suis depuis un moment et j’ai vraiment l’impression que vous avez évolué dans vos voyages, vos articles et la façon d’aborder vos destinations, (peut être est-ce moi qui ai changé de mon côté)!
    Question : pourquoi la Nouvelle Zélande? Par nécessité de « coupure »? Travail? Coup de tête? Je ne dis pas que j’aime pas le pays, cela fait un an que j’y suis mais je suis juste curieux! D’ailleurs je suis également sur Auckland si jamais vous êtes dans les environ…

    1. Bonjour Jeremie,

      On espère avoir un peu évolué avec nos voyages 🙂 On fait ce tour du monde par soif d’aventures, de rencontres mais aussi de connaissances. On essaye de remettre en cause l’ensemble de nos idées sur le Monde. Chaque destination nous fait découvrir des nouveaux aspects, des nouveaux points de vue. Malgré nos déconvenus, ce quatrième voyage en Inde a été riche en enseignements. On espère, à travers nos articles, transmettre un peu de ces découvertes.

      Pour ce qui est de la Nouvelle Zélande, il y a plusieurs raisons. C’est un coup de tête un minimum raisonné. C’est un pays qui nous fait rêver depuis longtemps et qu’on était vraiment impatient de découvrir. On a voulu « s’échapper » quelques temps d’Asie pour changer radicalement d’atmosphère et reprendre des forces. La prochaine destination sur l’itinéraire était l’Océanie. On s’est dit que le plus simple était de commencer par la Nouvelle Zélande pour ensuite remonter par l’Australie avant de retrouver l’Asie du Sud Est. En tout cas, on est pas déçus 😀

      Merci pour l’invitation sur Auckland. Malheureusement, on est déjà sur l’île du Sud (à Queenstown) :/

  20. Tu oublies que dans le film Namaste London l’anglais avec qui elle était censée avoir un « love marriage » était un gros raciste voire un manipulateur et qu’elle s’en est rendue compte peu avant de l’épouser ^^ »
    Aussi Clo est très noire de peau et ça aide pas non plus dans une société qui valorise la peau la plus blanche possible… Mon copain est Bengali et il me disait que quand il était petit sa mère lui décrivait les « méchants » systématiquement très noirs de peau (en plus de d’autres tares comme être très mauvais ou manger les enfants)…
    Je ne suis jamais allée en Inde mais à lire tous les articles de voyageurs, ce pays me fait de plus en plus peur (mais en tout cas, si j’y vais un jour je saurais à quoi m’attendre)…

  21. Je dois avouer que pour moi l’Inde me fait peur. D’un côté ça m’attire mais de l’autre côté c’est tellement différent que j’ai peur de ne pas m’y sentir à l’aise. Merci pour le partage de votre ressentit, cela permet de se faire une autre idée également.

  22. Bonjour les amis, nous nous sommes rencontrés à Madurai, vous partiez enthousiastes pour fêter le nouvel an à Goa et je viens de lire avec stupefaction votre périple. Vous n’avez vraiment pas eu de chance. C’est vrai que l’Inde n’est pas un pays facile mais moi je m’y suis sentie en sécurité. Nous avons remonté le Kerala jusqu’à Goa avec Francine, puis je suis partie seule au Rajasthan. Tout s’est très bien passé pour moi, j’ai fait de belles rencontres. Je suis rentrée la semaine dernière et j’en garde un très bon souvenir, c’est un autre monde, qui évolue lentement, avec le poids des traditions. Je vous fais des gros bisous et vous souhaite de belles aventures pour votre grand voyage.

  23. Quelle experience! Bravo à vous de pouvoir relativiser autant après un concours de circonstance aussi défavorable. Tout celà peut bien évidemment arriver dans beaucoup de pays du monde et vous faites bien de le souligner. Merci pour le partage!

  24. Bonjour ! Je viens de parcourir votre blog, cité sur Voyage Forum, et particulièrement cet article sur l’Inde… Nous venons de la quitter, après presque sept mois du nord au sud, du Ladakh à Pondichéry. Effectivement, on l’aime ET on la déteste… Pour nous aussi, malgré nos quatre enfants, le sourire a été bien absent. C’est vraiment le seul pays où nous avons ressenti ce manque, et depuis que nous sommes à Sri Lanka on revit !!!
    Bonne suite de voyage, je retourne lire vos autres articles !
    Claire & co.

  25. C’est encore moi lol, je commente, je commente 😉 ! Oliv et moi sommes dans le même cas que vous : je ressemble à une indienne et lui à un européen. Du coup, ton article me rassure moyennement pr notre futur voyage en Inde… Justement nous revenons du Sri Lanka, et là bas effectivement tout le monde me demandait si j’étais Sri Lankaise. Les gens étaient très curieux mais c’était toujours sympathique. En parallèle, j’ai tout de même senti énormément de regards très insistants sur moi (pas sur Olivier), qui nous ont parfois mis mal à l’aise. Nous n’avons jamais réussi à comprendre pourquoi (on me parlait en cinghalais, forcément je ne comprenais rien ;)) mais on s’est dit que c’était peut-être le fait que j’ai l’air d’une sri lankaise, habillée à l’occidental, accompagnée d’un occidental. Dans tous les cas nous allons tout de même faire l’Inde en essayant de se blinder au max :/ merci pour ce partage d’expérience !!

    1. Un autre couple mixte qui voyage ! Trop bien 🙂 Notre article n’est pas rassurant mais il faut le remettre dans son contexte. Les mauvais regards sur Clo ont eu lieu principalement dans une ville très religieuse pendant un important festival religieux. On était donc entouré d’Indiens très traditionnels et malheureusement pas tous très ouverts.
      On a vécu 3 mois à Bombay sans ressentir une seule fois ces regards méprisants. Au contraire, on a fait de belles rencontres. Tu peux donc partir en Inde sans vivre ce type d’expérience malheureuse. Mais effectivement, blindez vous au max avant de partir et vous saurez mieux réagir en cas de souci. Mais gardez quand même l’esprit ouvert pour ne pas passer à côté de l’accueil des Indiens. C’est un équilibre complexe à trouver en tant que voyageurs mais une fois que vous l’aurez trouvé, ce sera beaucoup plus simple 🙂 Bon voyage !

  26. Je suis d’origine indienne et biculturel, et je vais vous expliquer l’horrible vérité de ce pays. Ils détestent par dessus tout la peau foncée, le racisme anti peau foncée, est considéré comme quelque chose de tout à fait normal. Ils se détestent eux même, il y a beaucoup d’hôtels et de restaurants interdits aux indiens en Inde, et pas pour des raisons d’argent, mais par idéologie. Quand un blanc se ballade avec une fille à la peau foncée, ils ne critiquent pas la mixité du couple, un indien avec une blanche passent très bien, ils détestent voir des blancs se  » souiller » avec d’autres. Mêmes les indiens noirs, vénèrent la blancheur des touristes occidentaux. L’auto haine de ce peuple, a atteint son paroxysme.

  27. Les personnes blanches qui visitent l’Inde ont en général de bons retour sur les indiens, les personnes non blanches, y vivent un calvaire, moi j’ai la peau marron claire, et pourtant le seul pays ou j’ai vécu du racisme, c’est en Inde, alors que je suis d’origine indienne. Et comme je n’ai pas de complexe d’infériorité, on me dit que je suis  » jaloux » des blancs, je n’ai quasiment jamais rencontré d’Indiens, qui étaient d’accord avec moi, pour dire que les blancs étaient les égaux des autres; des gens se privent de nourriture pour s’acheter des crèmes pour blanchir la peau, les africains sont considérés comme des animaux ( quelle honte !), surtout dans le nord du pays. Mis à part ce problème de racisme structurel, c’est un chouette pays. Mais honnêtement, mes amis d’origine africaine, gardez votre amour propre et votre santé, n’allez pas dans le pays le plus raciste du monde envers les foncés et le plus accueillant envers les blancs. Vous serez frustrés d’entendre vos amis blancs dirent  » les indiens sont gentils et accueillants et serviables », quand vous vous serez ignorer, recalé, déshumanisé, vous ne ressentirez que peur et haine de la part des locaux.

  28. Cette histoire d’être d’origine indienne, mais d’être regardé de travers par eux, c’est quelque chose à laquelle il fallait s’attendre … Les indiens adoptés ou qui ne vivent plus sur le territoire indien depuis des années, pour les locaux nous sommes des étrangers.
    Il ne faut pas se frustrer de ça, sinon ce ne sera pas la seule chose que vous ressentirez.
    Mais il y a une chose sur laquelle je suis tout à fait d’accord, c’est soit on aime soit on aime pas, il n’y a pas de demi-mesure.

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